Zoom ponte Zoropsis spinimana

Zoropsis ponte 1/1

Milieu :trouvée dans un garage, mise en grand terrarium (81)

Taille : 21 mm  Date : 15/16 mars 2014 Sexe : femelle du zoom accouplement, « Clara »

Déroulement :

  • Avant la ponte : la pauvre dame! Elle était énorme et il lui arrivait même de tomber de la paroi tant elle était grosse.. J’avoue qu’il me tardait de la voir pondre car vraiment ça avait l’air dur dur d’être aussi gravide! C’est une araignée très facile à élever puisqu’elle mange très bien, il n’y a même pas à surveiller, quelconque proie ne dure pas plus d’une heure.. Vu son poids, j’ai régulé son alimentation mais il lui fallait des forces pour donner la vie.
  • Le cocon partie 1 : elle commence par tisser un disque plat de soie, d’un diamètre de 1.5 cm environ, au plafond du terrarium. Je la surveillais, donc j’ai pu photographier l’intégralité de la construction. Ensuite, elle tisse les parois du cocon en tournant sur elle-même, et en le montant petit à petit, en gardant comme un puits vide au centre. Les parois montent de presque 1cm de haut. (illustré miniatures 1 à 5)
  • La ponte :après ce long travail, elle s’est immobilisée au centre, et les œufs sont sortis très rapidement de son abdomen. Une grosse masse d’œufs jaunes a donc rempli le puits du centre du cocon. Son abdomen se vidait à vue d’œil et était presque tout plat une fois que tout fut expulsé, comme fripé. La ponte en elle même est rapide. (illustré miniatures 6 à 9)
  • Le cocon partie 2 : ensuite, et sans pause, elle s’est mise à tisser le dessus du puits pour le refermer. Là encore, elle tourne sur elle même en faisant de petits zigzags pour bien refermer. Elle donne alors quelques grands coups d’abdomen comme pour tasser les œufs et les répandre équitablement dans le cocon (visible photo 15). Une fois le cocon fermé, elle s’engage alors dans un tout autre travail, celui de faire un large dôme de quelques fils de soie, dans lequel elle va se tenir, sur son cocon. Ce dôme n’est constitué que de quelques fils, avec une structure désordonnée, mais les fils sont épais et comme frisés, ondulés. Je l’ai bien observée sur cette phase, et son tissage est tout à fait particulier à cette tâche. On voit bien la méthode sur l’avant dernière miniature : elle croise ses pattes IV, tarse droit sur métatarse gauche, et donne de petits à-coups rapides avec son métatarse droit, à l’horizontale, directement à la sortie du fil de soie, comme pour le compresser, et le rendre plus dense. Ainsi, le fil est épais et ondulé, mais il lui faut beaucoup de temps pour le réaliser. Une fois le dôme fini, elle s’installe à l’intérieur, sur son cocon, pour un repos bien mérité. (illustré miniatures 10 à 17)
  • Après la ponte :  ma belle Clara n’est restée qu’un jour sur son cocon : elle l’a quitté pour se nourrir et reprendre des forces. Elle n’est plus retourné au dôme par la suite. Mais cette coquine était voisine de mes grandes araignées Viridasius de Madagascar. Séparées par une paroi de plastique, j’ai retrouvé en pleine nuit la dame Clara qui, faute de nourriture mais surtout par accès de gourmandise, avait réussi à passer chez ses voisins, et était entrain de se manger un grillon!! Poulala, j’ai eu peur qu’il y ait conflit, donc j’ai récupéré Clara mais pour cela j’ai du bouger le cocon, et donc l’isoler définitivement, je ne pouvais faire autrement, sinon elle risquait une bagarre avec les malgaches.
  • La durée :  alors ceci est une donnée absolument hallucinante, enfin pour moi qui découvre du moins! Il faut savoir que depuis le petit disque de soie, jusqu’à la fin de la construction du dôme, il s’est écoulé : 36 heures!! Je l’ai vu travailler tout ce temps sans jamais s’arrêter, surtout le tissage des quelques fils du dôme ont été très longs à fabriquer, avec ses petits à-coups incessants. Je me demandais où elle trouvait cette énergie; quel courage pour une si petite bête!!

Perso : J’avais surnommée cette belle dame Clara en référence à ses performances du zoom accouplement! Clara est une magnifique araignée que j’ai pris énormément de plaisir à garder quelques semaines. Après l’accouplement, je voulais voir la suite des opérations, sachant déjà que je la libèrerai après la ponte. Elle est facile à nourrir, pas exigeante du tout, et je l’ai traitée avec beaucoup d’égards. Elle était splendide et impressionnante par sa taille, une merveille. J’avais lu que souvent la femelle Zoropsis se laissait mourir de faim sur le cocon, puis était mangée par les petits; ou encore qu’elle mourrait tout simplement après. Pas du tout.. Clara a même fait un deuxième cocon une dizaine de jours plus tard, et encore fois, elle a quitté son cocon pour ne plus y revenir et se nourrir. Après ce deuxième cocon, j’ai décidé de la libérer. Elle m’avait tant donné à voir et à apprendre que je ne voulais pas qu’elle meure en captivité, sans savoir combien de temps il lui restait à vivre réellement. Ce dont je peux témoigner, c’est qu’elle était en grande forme et n’avait pas l’air d’être prête à mourir. Je lui ai donné une dernière mouche bien grasse qu’elle a chassé avec sa grande dextérité, on la voit sur la grande photo (portrait de l’article), la dernière image de Clara… J’ai attendu qu’elle termine son repas, et je suis allée la libérer dans la nature, près d’un mur avec du lierre, un endroit qui me paraissait propice. Il faisait beau, elle a filé avec sa belle énergie, sans se presser, se trouver une cachette à l’abri du soleil. J’étais très heureuse de la libérer, même si il en avait toujours été question depuis le départ. Sur la dernière miniature, on voit le résultat des deux « zoom articles »: les petits bébés de Clara qui sont arrivés environ 30 jours après la ponte! Ils ressemblent à la mère non? Ils ont ses gènes et seront donc de fabuleuses araignées, fortes et belles…

Zoom ponte Zoropsis spinimana

Zoom accouplement Zoropsis spinimana

Accouplement Z.s. 1/1

Milieu :trouvés dans un garage, mis en petit terrarium(81)

Taille : 21 et 12mm  Date :23 février 2014 Sexe : couple

Déroulement :

  • Capture : une amie était terrorisée par de grosses araignées dans son garage, je suis allée voir : effectivement de grosses Zoropsis spinimana avaient envahi les lieux (plafond d’un chalet en bois). Je la débarrasse donc de la plupart des individus en les sortant dehors, mais je conserve une énorme femelle et le mâle qui était à une vingtaine de centimètres d’elle. J’avais dans l’idée de la mesurer surtout car jamais encore je n’avais vu d’aussi grosse araignée; je la pensais prête à pondre vu sa taille. Hop, hop, les deux individus dans deux petites boîtes différentes et je rentre chez moi. J’avais un petit terrarium de libre, je les mets tous les deux à l’intérieur, pensant faire les mesures et observations le lendemain matin.
  • L’approche : la femelle est très lente.. Moi qui ait observé cette espèce récemment, je sais que cette lenteur n’est pas habituelle mais comme je la pense gravide, je me l’explique ainsi. Mais voilà, pas 5 minutes qu’ils sont dans le terrarium que je vois le mâle monter sur la femelle, à l’envers! Il n’hésite pas et monte d’un élan décidé. Je suis très étonnée, et je ne m’attendais pas à cette scène. Je prépare donc mon appareil photo comprenant ce qui se profilait. Elle s’est baladée lentement avec son cavalier, puis s’est figée sur la paroi supérieure du terrarium. Parfait pour pouvoir observer!
  • La séduction : chevauchant sa belle, et une fois immobile, il se met à tapoter très doucement avec ses pédipalpes sur la partie postérieure de son céphalothorax. Il l’enlace avec ses pattes pour se maintenir fermement en place sur elle. Je le trouve très doux, et délicat; elle, est très calme et ne montre aucun signe de nervosité, elle est comme droguée, au ralenti…
  • La position : il s’est ensuite légèrement décalé sur le coté, et comme il est petit, sa tête et ses pédipalpes se trouvent alors au niveau de la jonction entre le céphalothorax et l’abdomen. Il continue à tapoter très délicatement la femelle sur le côté de la face ventrale. Au bout de quelques tapotements, elle pivote légèrement son abdomen vers lui, en douceur.
  • L’acte :  il avance un de ses bulbes en direction de l’épigyne tout en tapotant, dans un axe parallèle à la face ventrale. Son apophyse tibiale accroche le scape de la femelle, qui se soulève tel un clapet grâce à cette apophyse. Le bulbe accroché ainsi, se met à tourner autour du scape (seule la partie du bulbe tourne) dévoilant ainsi une partie interne du bulbe blanche et opaque. Il doit alors y avoir un transfert en interne de son sperme vers l’intérieur de l’épigyne femelle (je me contente de décrire ce que j’ai pu observer). Puis le bulbe se ré-enroule sur lui même, puis il se recule, et libère le scape qui se referme sur l’épigyne, et le mâle rassemble son pédipalpe dans sa position initiale. La femelle repositionne son abdomen droit.
  • La fréquence:  l’acte décrit ci-dessus dure 5 à 10 secondes. Il s’est reproduit pendant une bonne heure, avec entre chaque acte, une mince pause d’une minute. J’ai noté deux actes plus longs, d’une minute environ, où « la pénétration » est restée figée. Ces deux actes plus longs ont eu lieu plutôt vers la fin. J’étais étonnée par cette fréquence, et par la longue durée de l’accouplement.
  • La séparation:le mâle s’est repositionné droit sur la femelle, abandonnant sa position décalée. Il agite alors ses pattes doucement effleurant celles de la femelle toujours immobile, comme pour la tranquilliser encore un peu le temps de partir. Il pivote alors à 180 ° pour se retrouver sur elle, mais dans le même sens qu’elle et non plus à l’envers. Il est resté ainsi 1 minute, puis, délicatement, il a simplement avancé pour quitter le dos de la femelle. Il a continué d’avancer en s’éloignant un peu; la femelle est restée d’un calme olympien, faisant quelques pas dans une autre direction.

Perso : Je m’estime chanceuse d’avoir pu observer un tel accouplement, dans tous les cas je m’en sentais gratifiée! Surtout avec cette exposition ventrale où j’ai pu tout observer en détail.. Génialissime! J’ai compris pas mal de choses car l’acte était trouble pour moi, j’avais bien compris le principe, mais là j’ai pu mesurer l’utilité de l’apophyse tibiale, celle du scape, et j’ignorais que le bulbe tournait sur lui-même de cette façon. C’est là que l’on comprend aussi que chaque espèce possède des atouts propres pour se reproduire : un bulbe unique pour une épigyne unique. Je précise aussi que l’accouplement est différent selon les familles d’araignées, parfois le bulbe entre en entier dans l’épigyne. Mais je ne peux parler que de celui-ci en pratique puisque j’y ai assisté, le reste est de la théorie pour moi, même avérée et juste. Il était tard et donc, épuisée de cette longue séance photo, j’ai pris la peine de vaporiser de l’eau dans le terrarium et d’ajouter quelques vers de farine pour que mes amoureux puissent récupérer.. Mais au réveil, je me suis précipitée pour voir comment ils se portaient : la femelle était entrain de finir de manger le mâle, je n’ai vu qu’un pédipalpe qui pendouillait de la boule qui était entre ses chélicères. C’est la nature, ma foi.. Monsieur a rempli sa mission jusqu’au bout, sa douceur et sa générosité, feront je l’espère une belle progéniture!

Zoom accouplement Zoropsis spinimana

Zoropsis spinimana femelle

Zoro. spinimana fem 1/1

 

Milieu : dans une cavité d’un mur couvert de végétation (81)

Taille :17 mm  Date :04 février 2014  Sexe : femelle

 

Description : grande araignée au céphalothorax beige/fauve portant un motif médian typique de l’espèce, beige, bordé de gris foncé avec stries noires. Un liseré fin noir borde la base, les cotés sont beiges. La face est beige avec un trait noir au dessus des chélicères ; les yeux latéraux postérieurs sont surmontés de poils beiges plus longs, ici bien visibles sur la photo principale. Les chélicères sont brun foncé/rosés intérieurement, couverts de poils beiges et noirs, avec de superbes crochets. L’abdomen brun à poils beiges montre une tâche cardiaque noire qui se prolonge en milieu d’abdomen, suivie de chevrons noirs nets. La face ventrale, visible sur la dernière miniature, est jaune moucheté de noir avec une épigyne bien visible. Le sternum est beige avec quelques petites tâches noires. Les puissantes pattes sont composées de fémurs et patelles beiges mouchetées de noir avec de belles épines noires; les autres articles étant brun foncé mouchetés de beige. Les pédipalpes beiges, épineux, deviennent brun foncé sur les tarses.

Perso : forcément.. après avoir déniché trois mâles, j’ai cherché dans le même secteur quelques jours après. Et bien j’ai enfin trouvé Madame Zoro!! D’une belle taille, elle était en retraite dans une cavité du mur de briques toute recroquevillée. Exactement comme les mâles! Je l’ai sortie délicatement, et après quelques secondes, elle s’est mise en mouvement et j’ai pu la voir déployée. Magnifique araignée, wow! Elle s’est mise une seule fois en mode défense « attention j’te mords », mais sinon elle était assez calme. Je l’ai reconduite au pied du mur, peut-être verrais-je une nichée de petits plus tard dans ce même secteur?.. à suivre.

Zoropsis spinimana femelle

Zoropsis spinimana

Zoro. spini. mâle 1/1

 

Milieu : dans une cavité d’un mur couvert de végétation (81)

Taille :14-15 mm  Date :28 janvier 2014  Sexe : mâle

 

Description : grande araignée au céphalothorax beige/fauve portant un motif médian typique de l’espèce, beige, bordé de gris foncé avec stries noires. Un liseré fin noir borde la base, les cotés sont beiges. La face est beige avec un trait noir au dessus des chélicères ; les yeux latéraux postérieurs sont surmontés de poils beiges plus longs. Les chélicères sont brun foncé/rosés intérieurement, couverts de poils beiges et noirs, avec de superbes crochets ici visibles. L’abdomen brun à poils beiges montre une tâche cardiaque noire qui se prolonge en milieu d’abdomen, suivie de chevrons noirs nets. Les puissantes pattes sont composées de fémurs et patelles beiges mouchetées de noir avec de belles épines noires; les autres articles étant brun foncé mouchetés de beige. Les pédipalpes beiges, épineux, possèdent des bulbes brun clair, surmontés d’une apophyse noire caractérisant  l’espèce, bien visible ici.

Perso : quelle rencontre!! J’ai déniché trois mâles vivants côte à côte de grande taille. Surprise par cette cohabitation, je les ai fait sortir doucement l’un après l’autre au pied du mur pour effectuer une mesure. Un seul était, non pas agressif, mais sur la défensive (miniature1) et j’ai profité de la belle occasion pour figer cette merveilleuse réaction où l’on voit parfaitement ses chélicères écartés montrant même des gouttes de venin. J’ai conservé provisoirement le mâle s’étant désigné tout seul par son attitude, afin de le photographier au soleil ultérieurement car les couleurs sont splendides. J’ai donc profité de cette « capture » pour me faire pardonner et lui offrir un bon grillon de BamBam.

Zoropsis spinimana