Zoom accouplement Zoropsis spinimana

Accouplement Z.s. 1/1

Milieu :trouvés dans un garage, mis en petit terrarium(81)

Taille : 21 et 12mm  Date :23 février 2014 Sexe : couple

Déroulement :

  • Capture : une amie était terrorisée par de grosses araignées dans son garage, je suis allée voir : effectivement de grosses Zoropsis spinimana avaient envahi les lieux (plafond d’un chalet en bois). Je la débarrasse donc de la plupart des individus en les sortant dehors, mais je conserve une énorme femelle et le mâle qui était à une vingtaine de centimètres d’elle. J’avais dans l’idée de la mesurer surtout car jamais encore je n’avais vu d’aussi grosse araignée; je la pensais prête à pondre vu sa taille. Hop, hop, les deux individus dans deux petites boîtes différentes et je rentre chez moi. J’avais un petit terrarium de libre, je les mets tous les deux à l’intérieur, pensant faire les mesures et observations le lendemain matin.
  • L’approche : la femelle est très lente.. Moi qui ait observé cette espèce récemment, je sais que cette lenteur n’est pas habituelle mais comme je la pense gravide, je me l’explique ainsi. Mais voilà, pas 5 minutes qu’ils sont dans le terrarium que je vois le mâle monter sur la femelle, à l’envers! Il n’hésite pas et monte d’un élan décidé. Je suis très étonnée, et je ne m’attendais pas à cette scène. Je prépare donc mon appareil photo comprenant ce qui se profilait. Elle s’est baladée lentement avec son cavalier, puis s’est figée sur la paroi supérieure du terrarium. Parfait pour pouvoir observer!
  • La séduction : chevauchant sa belle, et une fois immobile, il se met à tapoter très doucement avec ses pédipalpes sur la partie postérieure de son céphalothorax. Il l’enlace avec ses pattes pour se maintenir fermement en place sur elle. Je le trouve très doux, et délicat; elle, est très calme et ne montre aucun signe de nervosité, elle est comme droguée, au ralenti…
  • La position : il s’est ensuite légèrement décalé sur le coté, et comme il est petit, sa tête et ses pédipalpes se trouvent alors au niveau de la jonction entre le céphalothorax et l’abdomen. Il continue à tapoter très délicatement la femelle sur le côté de la face ventrale. Au bout de quelques tapotements, elle pivote légèrement son abdomen vers lui, en douceur.
  • L’acte :  il avance un de ses bulbes en direction de l’épigyne tout en tapotant, dans un axe parallèle à la face ventrale. Son apophyse tibiale accroche le scape de la femelle, qui se soulève tel un clapet grâce à cette apophyse. Le bulbe accroché ainsi, se met à tourner autour du scape (seule la partie du bulbe tourne) dévoilant ainsi une partie interne du bulbe blanche et opaque. Il doit alors y avoir un transfert en interne de son sperme vers l’intérieur de l’épigyne femelle (je me contente de décrire ce que j’ai pu observer). Puis le bulbe se ré-enroule sur lui même, puis il se recule, et libère le scape qui se referme sur l’épigyne, et le mâle rassemble son pédipalpe dans sa position initiale. La femelle repositionne son abdomen droit.
  • La fréquence:  l’acte décrit ci-dessus dure 5 à 10 secondes. Il s’est reproduit pendant une bonne heure, avec entre chaque acte, une mince pause d’une minute. J’ai noté deux actes plus longs, d’une minute environ, où « la pénétration » est restée figée. Ces deux actes plus longs ont eu lieu plutôt vers la fin. J’étais étonnée par cette fréquence, et par la longue durée de l’accouplement.
  • La séparation:le mâle s’est repositionné droit sur la femelle, abandonnant sa position décalée. Il agite alors ses pattes doucement effleurant celles de la femelle toujours immobile, comme pour la tranquilliser encore un peu le temps de partir. Il pivote alors à 180 ° pour se retrouver sur elle, mais dans le même sens qu’elle et non plus à l’envers. Il est resté ainsi 1 minute, puis, délicatement, il a simplement avancé pour quitter le dos de la femelle. Il a continué d’avancer en s’éloignant un peu; la femelle est restée d’un calme olympien, faisant quelques pas dans une autre direction.

Perso : Je m’estime chanceuse d’avoir pu observer un tel accouplement, dans tous les cas je m’en sentais gratifiée! Surtout avec cette exposition ventrale où j’ai pu tout observer en détail.. Génialissime! J’ai compris pas mal de choses car l’acte était trouble pour moi, j’avais bien compris le principe, mais là j’ai pu mesurer l’utilité de l’apophyse tibiale, celle du scape, et j’ignorais que le bulbe tournait sur lui-même de cette façon. C’est là que l’on comprend aussi que chaque espèce possède des atouts propres pour se reproduire : un bulbe unique pour une épigyne unique. Je précise aussi que l’accouplement est différent selon les familles d’araignées, parfois le bulbe entre en entier dans l’épigyne. Mais je ne peux parler que de celui-ci en pratique puisque j’y ai assisté, le reste est de la théorie pour moi, même avérée et juste. Il était tard et donc, épuisée de cette longue séance photo, j’ai pris la peine de vaporiser de l’eau dans le terrarium et d’ajouter quelques vers de farine pour que mes amoureux puissent récupérer.. Mais au réveil, je me suis précipitée pour voir comment ils se portaient : la femelle était entrain de finir de manger le mâle, je n’ai vu qu’un pédipalpe qui pendouillait de la boule qui était entre ses chélicères. C’est la nature, ma foi.. Monsieur a rempli sa mission jusqu’au bout, sa douceur et sa générosité, feront je l’espère une belle progéniture!

Zoom accouplement Zoropsis spinimana