La « p’tite » histoire

On me demande souvent comment est venue cette idée de site de photos d’araignées. Beurk quelle idée !?! Je réponds alors simplement et sans doute bizarrement que c’est le résultat de plusieurs… hasards !

Premier hasard « la photo numérique et l’Argiope maya »:def1

Tout a commencé lorsque mes parents m’offrent mon premier apn en 2010. Moi qui ne faisait aucune photo auparavant, c’est lors d’un premier voyage à Mauritius que j’ai le premier déclic, et que je reviens avec 500 photos souvenir (c’était énorme pour moi à l’époque, hihi). Je continue à faire quelques clichés,  je parcoure les possibilités de mon petit appareil… Économique et sympa le numérique, et puis vaut mieux tard que jamais pour s’y mettre !

Je pars, en 2012, faire un trek au Guatemala, toujours avec mon petit apn, et je reviens avec le maximum de photos possible sur ma carte SD, soit 1000 photos (re-hihi). En triant mes photos, je tombe sur une photo d’araignée prise un peu par hasard à Tikal… Je la trouve surprenante et je suis très intriguée par ce « dessin de masque humain » qu’elle a sur le dos, génial ! Je décide de la faire identifier sur un site spécialisé, et moi qui la voyait comme mon trésor maya, c’était somme toute qu’une Argiope étrangère..

Deuxième hasard « le bridge et les premiers Visages »:Première sauteuse

Je décide d’acquérir un bridge en 2012, pour progresser et pour un éventuel prochain voyage. De là, je sais que je n’ai pas les moyens de voyager chaque année, et je veux pourtant optimiser mon achat. Aussi je me demande : « qu’as tu envie de photographier en dehors des voyages ? qu’est ce qui te plait le plus ? ». La réponse à cette question est une évidence immédiate: la Nature! Je me mets alors à cumuler des clichés d’oiseaux, de plantes, et cela s’oriente rapidement vers les insectes, vers les petites choses qui en photo révèlent des détails indécelables à l’œil nu. Puis un jour, je prends par hasard cette photo de petite sauteuse dans les herbes… et là je vois qu’elle a vraiment une tête superbe, une vraie expression, et je suis émerveillée..

Epeire Cartoon

 

Je fais alors une deuxième photo d’une épeire dans le fond de mon jardin. Rien que de l’approcher j’avais très peur, mais j’arrive à faire un cliché correct, sans trop trembler. Je regarde la photo sur mon pc… Waow, elle qui dans la réalité me faisait si peur, sur mon écran je vois une tête très sympathique, limite « cartoonesque ». Là, je me dit c’est génial, je vais surmonter ma peur, et je commence à chercher des araignées, à les photographier, et je ne fais plus que ça, exclusivement. En fait il y a en partout, tout autour de nous !!! Je m’achète mon premier petit guide d’identification, je m’inscris à mon premier forum, et la passion grandit, grandit et n’a de cesse de croître…

Troisième hasard « le réflex et la Passion exaltante »:

Je progresse en matériel début 2013Nikon D90 avec Eresus, puisque je trouve un réflex Nikon D90 d’occasion, avec un objectif 40 mm f2.8 (le plus petit des objectifs macro). Le temps d’apprivoiser le matériel, je cumule au printemps et en été 2013 près de 10 000 photos d’araignées, faisant entre 200 et 500 photos par sortie (vous comprenez mes « hihi » du début !). Bien sûr il reste un travail de tri à faire car la moitié des clichés sont ratés! Je fais tout à main levée et je ne fais aucune retouche à part le recadrage. J’y tiens et puis on apprécie d’autant plus le jour où on arrive à faire la photo qu’on voulait…

Mais que faire des ces dossiers de photos ? Comment partager avec mes proches ces « visages » ? Je conclue donc qu’il me faut un support pour avoir plaisir à regarder ces belles araignées, comme un bel album, bien plus sympa à ouvrir que des dossiers !! L’ouverture d’un blog me frustre rapidement, et je décide donc de faire mieux, « elles » le valaient bien. Moi qui ne connaissait pas grand chose en informatique, je me lance alors dans la création d’un site en aveugle. J’étais loin d’imaginer le travail que cela allait me demander, le temps que j’allais y passer, et surtout la volonté qu’il fallait pour y arriver en autodidacte.

Depuis le 9 décembre 2013, LilyCobra’s Wonder Spiders est né, il me reste encore beaucoup de travail, mais je suis accomplie.

Voilà… Je mesure alors, même en résumant ma « p’tite histoire » ici, combien une passion est capable de transcender vos sens et vos capacités, pour arriver à se surpasser, au-delà même de ce qu’on pensait possible.

Je suis tombée récemment sur cette phrase de François Mauriac: « Nous tissons notre destin, nous le tirons de nous comme l’araignée sa toile »… Ces hasards qui m’ont conduite ici, en étaient-ils vraiment finalement ?

 

Mais concrètement la passion des araignées, des photos d’araignées, c’est quoi ?

  • c’est passer des heures accroupi les fesses en l’air, ou encore allongé, dans les herbes, les chemins… Avoir mal aux genoux, mal aux coudes, avec parfois des conditions difficiles.
  • C’est assumer d’être surpris par des badauds dans des posLilyCobra photo muritions comme cela    →
  • c’est tomber amoureux lors d’une séance photo d’un Phlegra bresnieri qui vous regarde avec sa barbe blanche et ses grands yeux, et qui pose tel un vrai mannequin quelques instants avant de reprendre sa route.
  • c’est perdre totalement la notion de temps quand un couple de Carrhotus xanthogramma vous expose ses techniques de drague en VIP.
  • c’est rentrer frustré d’une séance photo parce que les araignées sont craintives et qu’elles se jettent souvent dans les herbes et disparaissent alors que vous n’avez eu le temps que d’un demi-cliché.
  • c’est aussi ces heures d’investigations à chercher si l’on peut déterminer notre sujet, les guides ouverts sur les genoux, 4 ou 5 sites ouverts en même temps, comparer, se tromper, et savoir si on a pris le bon cliché pour réussir notre recherche.
  • c’est s’extasier, apprendre et se faire surprendre à chaque fois par les couleurs, les formes, les techniques, les mœurs, les détails les plus infimes qui font que chaque espèce d’araignée a une particularité, qui les rend uniques et admirables en dehors même de tout sens esthétique.

Pour moi c’est un peu tout cela, même plus encore… Je suis sûre que certains « malades », ceux qui ont le même virus que moi, se reconnaitront dans ces situations.. On assume et on kiffe, pardi !!