Eresus kollari ignicomis femelle

 

Milieu : dans son terrier et auvent, pelouse sèche moyenne altitude (Haute Corse)(loc. TR)

Taille : 18 mm  Date : 14 avril 2017  Sexe : femelle adulte

 

Description : magnifique araignée au céphalothorax noir, large et bombé antérieurement, portant de nombreux poils courts orange-rouge sur les 3/4 de la partie bombée. Le reste est noir brillant avec quelques courts poils blancs postérieurement. Les poils deviennent orange vif vers le clypeus et le haut des chélicères. Celles-ci sont larges et massives, majoritairement couvertes de courts poils noir irisé, avec des marbrures orangées bien marquées; seule la dernière partie inférieure est totalement noire. L’abdomen plat est large et presque rond, couvert densément de courts poils noir irisé, des sigilles bien visibles, et quelques mouchetis de poils blancs en avant, de rares orangés également. Les pattes sont épaisses et relativement courtes, couvertes densément de courts poils noir irisé. On remarque un léger mouchetis de poils orange et blanc sous  les fémurs avec de longs poils fins noirs;  aussi des petits points orange aux jointures fémur-patelle. Les pédipalpes sont noir irisé, avec de minces anneaux orange vif aux articulations, et quelques poils éparses oranges notamment sur la face interne.

ID fortement supposée car très différente d’une Eresus kollari (plus colorée), mais aussi de d’Eresus kollari tricolor rencontrée et présentée ici; prochainement il serait envisageable d’envoyer un specimen pour examens genitalia.

Perso : Après la rencontre avec la merveilleuse tricolor, c’est à cette deuxième espèce d’Eresus corse que j’ai eu la chance d ‘être présentée. Après une route sinueuse de montagne avec des paysages à couper le souffle, c’est sur les hauteurs, dans des pâturages bien exposés, garnies de chardons nains, d’asphodèles et de ronciers éparses, dans une pelouse rase, qu’est vu le premier auvent. Sous un beau soleil de début de printemps, cette belle adulte femelle est sortie délicatement de son auvent ayant mordu à une herbe sèche. Waou c’est une femelle adulte, de belle taille, avec un caractère assez placide. Elle semble à peine sortie de la torpeur hivernale et presque aveuglée par la luminosité. Hagarde, elle s’est laissée photographiée mais voulait clairement fuir le soleil et se mettre au frais. Cette femelle a été replacée dans son auvent et a regagné son terrier. D’autres individus n’ont pas été trouvés dans les alentours proches mais un peu plus loin, de nombreux juvéniles étaient présents, toujours dans des auvents très courts de début de saison.

 

Eresus kollari ignicomis femelle

Eresus kollari tricolor femelle

Eresus kollari tricolor femelle 1-1

 

Milieu : dans son terrier, versant collinéen d’altitude 1200 m(Haute Corse)(loc. TR)

Taille : 15/16 mm  Date : 13 avril 2017  Sexe : femelle adulte

 

Description : superbe araignée au céphalothorax noir, large et bombé antérieurement, portant de nombreux poils courts blanc en fin mouchetis postérieurement. Les mouchetis se grossissent sur le dessus antérieurement, et sur l’arrière du front, on trouve des mouchetis jaune autour d’une courte ligne médiane jaune. Cette ligne se termine entre les yeux principaux avec quelques poils oranges vifs. La face porte de nombreuses tâches rouge orangé, le clypeus est lui aussi marqué d’une rangée supérieure de poils rouge orangé.  Cette même couleur très typique de cette espèce se retrouve en deux gros ovales couvrant les 3/4 des chélicères larges et massives; le reste est couvert de poils courts noir irisé. L’abdomen est un ovale bien bombé uniformément, couvert densément de courts poils noir irisé, mais aussi de quelques longs poils fins. Les sigilles sont marquées, l’avant de l’abdomen porte un mouchetis blanc très fin. Les pattes sont épaisses et relativement courtes, couvertes densément de courts poils noir irisé. On remarque un léger mouchetis de poils orange et blanc sous  les fémurs avec de longs poils fins noirs;  aussi des petits points orange aux jointures fémur-patelle. Les pattes I, II et III portent des anneaux blancs (ou orange pastel) aux articulations avec de rares courts poils orange; des traces d’orange et de blanc sur les tibias I et II. Les pédipalpes sont noir irisé, avec de minces anneaux rouge orangé aux articulations, et quelques poils éparses oranges notamment sur la face interne.

ID quasi certaine car nous avons clairement les caractéristiques des 3 couleurs présentes sur le céphalothorax, d’où son nom « tricolor »; et puis sa station en altitude, au dessus de 1200 mètres.

Perso : Ahhhh cette araignée, mais cette araignée… Elle ferait fondre n’importe qui non? Quelles merveilleuses couleurs! Il était très tôt dans le printemps, aussi en altitude c’était encore l’hiver en corse. Ces beautés corses se méritent car outre le fait qu’il faut grimper, il fallait affronter un fort vent glacial, et les chercher longuement car elles étaient toutes encore en diapause hivernale, sans auvent donc. J’ai troqué et ramené cette femelle, jugée trop vieille pour être maintenue, pour examen genitalia à la base. J’en ai pris grand soin pendant le voyage et tout s’est bien déroulé jusqu’à son installation à la maison. J’étais loin de me douter alors qu’elle allait m’offrir une expérience hors du commun puisque 3 mois plus tard elle pointait un magnifique cocon dans son auvent tissé en captivité! J’ai donc jugé de ne pas la sacrifier pour les genitalia, mais plutôt de lui offrir les meilleures conditions possibles pour que son projet maternel arrive à son terme (matriphagie des jeunes). Je garde ce récit pour un article où je vous présenterai la suite de cette fabuleuse histoire. Je voudrais ajouter, car cela caractérise fortement cette forme de kollari, elles ont un sacré caractère, des vraies montagnardes corses, ce tempérament très réactif est d’ailleurs visible sur les photos où la belle dame adopte une attitude d’intimidation défensive quasiment toute la séance photo… Fabuleuse!

Eresus kollari tricolor femelle

Lycosa tarantula femelle

 

Milieu :  plateau calcaire, pelouse sèche  (30)

Taille :26-28 mm Date : 15 juin 2017 Sexe : 2 femelles

 

Description :  très grande araignée dont le céphalothorax est beige à brun doré, bordé d’un  fin liseré beige, lui même surmonté d’un liseré brun foncé en continu sur le clypeus. Vue du dessus, on trouve une bande centrale claire bordée de deux zones brunes dentelées en miroir et margées finement de noir. Les deux paires de grands yeux noirs sont cerclés de brun orangé. Les chélicères sont très impressionnantes, larges, couvertes de poils beige doré dans leur partie supérieure. Certains individus portent des poils orange sur les chelicères.  Son abdomen est  ovale et bombé majoritairement brun clair, portant de larges chevrons brun foncé séparé de fines lignes beige doré; les premiers chevrons à l’avant sont coupés par une courte bande médiane brun clair; deux points blancs marquent le milieu de l’abdomen. Les larges pattes dorées sont pourvues de longs poils brun fins, quelques longues épines noires, montrant surtout de larges anneaux noirs déchiquetés sur la face ventrale. Les pédipalpes sont pourvus de longs articles brun, quelques courtes épines noires, et quelques poils brun longs et fins; les tarses, métatarses et tibias portent souvent des poils orange.

ID certaine, même si le genre est régulièrement révisé, ici la face ventrale est entièrement noire. Le lieu de rencontre écarte toute confusion avec Lycosa fasciiventris (rencontrée il y a peu également, plus petite, avec une barre noire horizontale ventrale bordée de orange, et surtout légèrement plus claire avec des motifs moins contrastés que Lycosa tarantula)

Perso : Youhouuuu finalement c’est bon de patienter pour rencontrer cette légende des araignées : la « tarentule »!! Ne pas confondre avec le terme saxon « tarantula » qui équivaut à mygale chez nous… Et oui, je n’avais pas particulièrement organisé sa recherche jusqu’ici mais j’avoue avoir souhaité la voir de nombreuses fois. Cette occasion est arrivée lors de la deuxième sortie arachno dans le Gard et ma toute première grande impression fut : la taille du terrier! (à retrouver ici avec le mâle trouvé un premier). Aux abords du deuxième terrier que je trouve, je m’agenouille calmement; je prends une grande respiration, je choisis la bonne herbe et je décide de voir si la belle que j’attends tant est là… Je la vois, elle monte doucement vers la surface dérangée par l’herbe introduite dans son antre. Elle sort soudainement et se fige, plantant ses fortes pattes dans le sol; waouh elle est majestueuse et sûre d’elle et dégage une force incroyable! Cette géante d’Europe semble juste parfaite non?.. 

Lycosa tarantula femelle

Paidiscura pallens femelle

Paidiscura pallens femelle 1-1

 

Milieu :  le jardin, dans l’If  (81)

Taille : 1-1,5 mm Date : 12 mars 2015 Sexe : 2 femelles

 

Description :  toute petite araignée dont le céphalothorax est blanc brillant, marqué d’un trapèze noir sur le dessus, englobant la zone oculaire (la juvénile orangée ici montre seulement deux lignes noires). La face est blanche sauf les yeux entourés du léger trapèze noir (ou tout blanc); les yeux postérieurs (latéraux) ont des reflets rouge-orangés. Les petites chélicères sont blanches et brillantes. Son abdomen est rond et bombé, jaune ou orangé, avec une barre horizontale blanche à l’avant caractéristique, puis des marbrures claires postérieurement ainsi qu’une petite tâche noire (uniquement pour l’adulte). Les courtes et petites pattes sont blanches/jaunes, translucides, avec de rares et vagues anneaux jaunâtres. Les pédipalpes sont blancs translucides, plutôt fins.

ID validée sur forum, les couleurs sont très variables chez la femelle, ici un bon exemple, car même adulte, elle peut être orangée (l’option juvénile est d’ailleurs juste une supposition personnelle) ! Le point commun et caractéristique reste cette petite barre blanche horizontale antérieure sur l’abdomen.

Perso : Dans la famille des minus, elles sont rigolotes celles-ci! Mais c’est aussi de grandes farceuses car se sentant épiées et dérangées, elles se précipitent vers un point haut afin de faire du ballooning pour mieux s’échapper! Bien entendu, la femelle jaune et noire m’a fait le coup, et je n’ai pu faire qu’une dizaine de clichés avant qu’elle ne disparaisse cette coquine. Et zipppp! Bye Bye! J’ai trouvé ces trois individus en même temps (cf article mâle) et je peux vous dire qu’il est très difficile, à l’œil nu, de distinguer le mâle de la femelle, quand on les voit pour la première fois (les couleurs sont différentes), tant ils sont minis et sans cesse en mouvement.

Paidiscura pallens femelle

Paidiscura pallens male

Paidiscura pallens male 1-1

 

Milieu :  le jardin, dans l’if  (81)

Taille : 1-1,5 mm Date : 12 mars 2015 Sexe : mâle

 

Description :  toute petite araignée dont le céphalothorax est blanc brillant, marqué d’un trapèze noir  sur le dessus, englobant la zone oculaire. La face est blanche sauf les yeux entourés du léger trapèze noir; les yeux postérieurs (latéraux) ont des reflets rouge orangés. Les petites chélicères sont blanches et brillantes. Son abdomen est rond et bombé, blanc, avec dorsalement une grande tâche noire parsemée de nombreuses petites tâches claires. Les courtes et petites pattes sont blanches/jaunes, translucides, avec des articles plus foncés aux extrémités, notamment les pattes IV. Les pédipalpes sont blancs, courts, avec des bulbes ronds et noircis.

ID validée sur forum, l’individu a fait sa dernière mue le lendemain des clichés!

Perso : J’avais juste une grosse demi-heure à consacrer aux araignées cet après-midi là, le temps était magnifique… Hop hop, je file au jardin, et je secoue le gros if: je trouve de minuscules araignées et je décide d’en photographier 2 ou 3 pensant qu’il s’agissait probablement de juvéniles que je n’identifierai donc surement pas jusqu’à l’espèce mais qu’importe… Et bien non! Je n’avais pas encore rencontré ce genre et une fois rentrée, j’ai trouvé son identité encore inconnue pour moi. C’est une espèce courante mais aussi une des plus petites! Quelle chance de croiser alors ce jeune homme aux caractéristiques suffisantes pour trouver son espèce, alors que j’avais peu de temps! Je l’ai conservé jusqu’au lendemain matin où je l’ai relâché, alors qu’il venait de terminer sa mue d’adulte… Bonne route petit monsieur!

Paidiscura pallens male