Cteniza sauvagesi femelle

 

Milieu : dans son terrier derrière son clapet, talus forestier (Sardaigne)

Taille : 26/27 mm  Date : 19 avril 2017  Sexe : femelle adulte

 

Description : très grande araignée au céphalothorax brillant brun très foncé, large et quasi plat postérieurement puis bombé en avant après la marque centrale du fovéa. Il est glabre, sauf sur le sommet antérieur où on lui observe quelques poils dressés verticalement juste derrière le bloc oculaire ramassé de ses 8 yeux. Le clypeus est large blanc et glabre également, surmontant des chélicères très massives. Celles-ci sont noires et brillantes, elles abritent des crochets impressionnants, et portent de nombreux poils fins rougeâtres aux extrémités. Quelques poils noirs sont également visibles sur les bords extérieurs des chélicères. L’abdomen est brun taupe avec une légère ligne marginale plus foncée antérieurement, couvert de courts poils fins; de belles filières plus claires sont visibles postérieurement. Les pattes sont courtes et épaisses, d’un brun-noir brillant, couvertes poils noirs et fins, très courts, plus densément couvertes sur les derniers articles; on retrouve d’ailleurs quelques poils rougeâtres à la jonction fémur patelle des pattes IV. Elles sont munies de griffes et sont littéralement conçues et destinées à creuser et évoluer dans le terrier. Les pédipalpes sont très longs, en tous points semblables aux autres pattes.

ID incontestable avec des caractéristiques typiques de la famille Ctenizidae (disposition des yeux, forme du céphalothorax et des chélicères, etc…).

Perso : Cette araignée très impressionnante était bien au programme pour ce voyage en Corse et Sardaigne. J’avais vu des photos et je la connaissais virtuellement déjà en tous points, notamment sa taille, je m’attendais à cette rencontre, je m’y étais préparée avec des infos concrètes. Du moins c’est ce que je pensais… Je peux vous dire que même si j’avais ces éléments en tête, j’ai été littéralement époustouflée, bluffée, et médusée par sa rencontre sur le terrain! Mais quelle araignée!!! Juste ENORME! Son terrier est également stupéfiant de perfection, rond parfait comme un tuyau de pvc tapissé densément de soie, avec un clapet très épais, qui une fois soulevé, révèle les marques des griffes caractéristiques des Ctenizidae pour ouvrir, fermer et maintenir fermé cet opercule (photo 5). D’ailleurs, ouvrir un clapet maintenu fermé par l’araignée juste derrière est mission impossible! J’ai vu des merveilles arachnologiques pendant ce voyage, c’est certain, mais ma rencontre avec Cteniza demeure celle qui m’a marqué le plus, définitivement. Cette rencontre m’a enseigné à quel point une taille, une mesure, sur papier ou sur photo, sont des éléments insignifiants tant qu’on a pas vu cette araignée en vrai. Une leçon que je garde précieusement au fond de moi. J’ai du creuser une première partie du terrier de cette femelle gravide pour la sortir et faire une séance photo mythique pour moi. Même si elle a, une fois ou deux, adopté une posture défensive, c’est une araignée lente et placide, pourvue d’une prestance inégalable, une rockeuse punk avec sa brosse sur la tête, bref une première rencontre que je n’oublierai jamais.

Cteniza sauvagesi femelle

 

 

 

Eresus kollari ignicomis femelle

 

Milieu : dans son terrier et auvent, pelouse sèche moyenne altitude (Haute Corse)(loc. TR)

Taille : 18 mm  Date : 14 avril 2017  Sexe : femelle adulte

 

Description : magnifique araignée au céphalothorax noir, large et bombé antérieurement, portant de nombreux poils courts orange-rouge sur les 3/4 de la partie bombée. Le reste est noir brillant avec quelques courts poils blancs postérieurement. Les poils deviennent orange vif vers le clypeus et le haut des chélicères. Celles-ci sont larges et massives, majoritairement couvertes de courts poils noir irisé, avec des marbrures orangées bien marquées; seule la dernière partie inférieure est totalement noire. L’abdomen plat est large et presque rond, couvert densément de courts poils noir irisé, des sigilles bien visibles, et quelques mouchetis de poils blancs en avant, de rares orangés également. Les pattes sont épaisses et relativement courtes, couvertes densément de courts poils noir irisé. On remarque un léger mouchetis de poils orange et blanc sous  les fémurs avec de longs poils fins noirs;  aussi des petits points orange aux jointures fémur-patelle. Les pédipalpes sont noir irisé, avec de minces anneaux orange vif aux articulations, et quelques poils éparses oranges notamment sur la face interne.

ID fortement supposée car très différente d’une Eresus kollari (plus colorée), mais aussi de d’Eresus kollari tricolor rencontrée et présentée ici; prochainement il serait envisageable d’envoyer un specimen pour examens genitalia.

Perso : Après la rencontre avec la merveilleuse tricolor, c’est à cette deuxième espèce d’Eresus corse que j’ai eu la chance d ‘être présentée. Après une route sinueuse de montagne avec des paysages à couper le souffle, c’est sur les hauteurs, dans des pâturages bien exposés, garnies de chardons nains, d’asphodèles et de ronciers éparses, dans une pelouse rase, qu’est vu le premier auvent. Sous un beau soleil de début de printemps, cette belle adulte femelle est sortie délicatement de son auvent ayant mordu à une herbe sèche. Waou c’est une femelle adulte, de belle taille, avec un caractère assez placide. Elle semble à peine sortie de la torpeur hivernale et presque aveuglée par la luminosité. Hagarde, elle s’est laissée photographiée mais voulait clairement fuir le soleil et se mettre au frais. Cette femelle a été replacée dans son auvent et a regagné son terrier. D’autres individus n’ont pas été trouvés dans les alentours proches mais un peu plus loin, de nombreux juvéniles étaient présents, toujours dans des auvents très courts de début de saison.

 

Eresus kollari ignicomis femelle

Eresus kollari tricolor femelle

Eresus kollari tricolor femelle 1-1

 

Milieu : dans son terrier, versant collinéen d’altitude 1200 m(Haute Corse)(loc. TR)

Taille : 15/16 mm  Date : 13 avril 2017  Sexe : femelle adulte

 

Description : superbe araignée au céphalothorax noir, large et bombé antérieurement, portant de nombreux poils courts blanc en fin mouchetis postérieurement. Les mouchetis se grossissent sur le dessus antérieurement, et sur l’arrière du front, on trouve des mouchetis jaune autour d’une courte ligne médiane jaune. Cette ligne se termine entre les yeux principaux avec quelques poils oranges vifs. La face porte de nombreuses tâches rouge orangé, le clypeus est lui aussi marqué d’une rangée supérieure de poils rouge orangé.  Cette même couleur très typique de cette espèce se retrouve en deux gros ovales couvrant les 3/4 des chélicères larges et massives; le reste est couvert de poils courts noir irisé. L’abdomen est un ovale bien bombé uniformément, couvert densément de courts poils noir irisé, mais aussi de quelques longs poils fins. Les sigilles sont marquées, l’avant de l’abdomen porte un mouchetis blanc très fin. Les pattes sont épaisses et relativement courtes, couvertes densément de courts poils noir irisé. On remarque un léger mouchetis de poils orange et blanc sous  les fémurs avec de longs poils fins noirs;  aussi des petits points orange aux jointures fémur-patelle. Les pattes I, II et III portent des anneaux blancs (ou orange pastel) aux articulations avec de rares courts poils orange; des traces d’orange et de blanc sur les tibias I et II. Les pédipalpes sont noir irisé, avec de minces anneaux rouge orangé aux articulations, et quelques poils éparses oranges notamment sur la face interne.

ID quasi certaine car nous avons clairement les caractéristiques des 3 couleurs présentes sur le céphalothorax, d’où son nom « tricolor »; et puis sa station en altitude, au dessus de 1200 mètres.

Perso : Ahhhh cette araignée, mais cette araignée… Elle ferait fondre n’importe qui non? Quelles merveilleuses couleurs! Il était très tôt dans le printemps, aussi en altitude c’était encore l’hiver en corse. Ces beautés corses se méritent car outre le fait qu’il faut grimper, il fallait affronter un fort vent glacial, et les chercher longuement car elles étaient toutes encore en diapause hivernale, sans auvent donc. J’ai troqué et ramené cette femelle, jugée trop vieille pour être maintenue, pour examen genitalia à la base. J’en ai pris grand soin pendant le voyage et tout s’est bien déroulé jusqu’à son installation à la maison. J’étais loin de me douter alors qu’elle allait m’offrir une expérience hors du commun puisque 3 mois plus tard elle pointait un magnifique cocon dans son auvent tissé en captivité! J’ai donc jugé de ne pas la sacrifier pour les genitalia, mais plutôt de lui offrir les meilleures conditions possibles pour que son projet maternel arrive à son terme (matriphagie des jeunes). Je garde ce récit pour un article où je vous présenterai la suite de cette fabuleuse histoire. Je voudrais ajouter, car cela caractérise fortement cette forme de kollari, elles ont un sacré caractère, des vraies montagnardes corses, ce tempérament très réactif est d’ailleurs visible sur les photos où la belle dame adopte une attitude d’intimidation défensive quasiment toute la séance photo… Fabuleuse!

Eresus kollari tricolor femelle